Supervision – Analyse de pratique

Pour qui ?

Équipes éducatives (éducateurs spécialisés ; travailleurs en structures médico-sociales etc.)


Le Cadre ?

Le cadre dans lequel se déroule la supervision doit favoriser chez les professionnels l’émergence d’une parole qui suscite le questionnement à partir de sa pratique. Pour que cette parole puisse s’exercer le plus librement possible, il est nécessaire que soient respectées quatre règles fondamentales bien connues, que chaque participant s’engage à respecter, et dont le thérapeute se porte garant :

  • La tolérance, c’est-à-dire le non jugement de la parole exprimée par autrui ; écoute de la parole de l’autre ; ne pas couper la parole
  • Le secret quant aux contenus des échanges; un espace confidentiel, hors institution.
  • L’égalité de parole de la part de l’ensemble des participants, ainsi qu’entre le thérapeute et les participants ;
  • L’obligation pour chaque participant d’une présence active, sans forcément obligation de parole.
     
A la demande de qui ?

A la demande de la direction de l’établissement ou des membres de l’équipe éducative.


A quoi ça sert ?

Ces interventions permettent

  • L’analyse clinique par l’élaboration du transfert, c’est-à-dire des interférences émotionnelles personnelles ressenties dans la relation d’aide et qui peuvent nuire à cette relation.
     
  • Une ouverture au questionnement, pour telle difficulté rencontrée dans telle situation éducative donnée ; et apprendre à évaluer en groupe la meilleure réponse possible aux situations professionnelles de tension et de détresse.
     
  • Aux acteurs de l’éducatif, si possible, de se positionner personnellement et/ou professionnellement autrement (c’est-à-dire de façon plus efficiente) lorsque les mêmes difficultés que celles évoquées et analysées dans ce dispositif se reproduiront in situ.
     
  • Une ou des lectures analytiques : la compréhension du sens, conscient et inconscient, de ses paroles et de ses actes, à partir du partage de ses expériences relationnelles d’aidant.
     
  • La régulation d’équipe de travailleurs : affirmation, réaffirmation, clarification et fluidité des places de chacun.
     

L’objectif de la supervision est de maintenir vif l’appareil à penser de chacun. C’est l’entretien indispensable de l’outil de travail des professionnels de la relation d’aide, celui-ci étant la personne elle-même.

L’analyse de pratique apporte une plus-value d’efficience professionnelle pour chacun des membres de l’équipe éducative. Ceci, par la mise en place d’un dispositif qui garantit, du côté des professionnels, un contexte d’échange à partir des positions personnelles adoptées par eux-mêmes en tant qu’acteurs de l’éducatif.

La supervision pose question, elle donne du sens. C’est un espace de parole, dans un cadre confidentiel, hors institution, qui permet d’évoquer les problématiques rencontrées au cœur du métier (avec les résidents, patients etc..) et au sein de l’équipe avec qui l’on travaille. Parler de ce qui choque, dérange, blesse pour éviter les ressentiments ou mettre fin aux conflits d’équipe.

La supervision d’équipe permet également de mettre en lumière et de gérer le contre-transfert. Chacun peut apprendre, à l’aide du thérapeute, à verbaliser ses ressentis et observer de quelle façon nous entrons en résonance avec l’histoire des autres et de prendre ainsi la mesure de ce qui reste en suspens dans notre problématique personnelle (ce que l’on met de soi dans la relation à l’autre).

Les séances de supervision  offrent un espace de réflexion, totalement neutre et bienveillant et agissent comme moteur de réflexion sur la pratique quotidienne.  C’est un espace où les professionnels acquièrent une certaine élévation pour penser leur pratique quotidienne, un espace qui permet de prendre de la hauteur.

La supervision est un lieu d’élaboration où le professionnel engage un regard sur son travail et construit le travail d’équipe – travail d’introspection de l’équipe ; comment aborder une situation en tant qu’équipe. Le résultat final de l’opération demeure la production d’hypothèses, de nouvelles manières de comprendre et de faire.